“12th Street” dépoussière la presse littér

AUTEUR : EMILIE PONS - JUN. 23, 2010

Il faudra désormais compter sur “12th Street”. Dans le paysage sinistré de la presse américaine, le titre se démarque en dépoussièrant la presse culturelle sur le secteur bien particulier du magazine littéraire. Et le mois dernier, en plein New York, l’équipe éditoriale a marqué le coup en invitant du beau monde. Le rendez-vous était fixé à la célèbre librairie Barnes and Nobles de Union Square. Plusieurs des auteurs publiés étaient présents pour lire des extraits de leurs oeuvres. Ainsi, David Gates, qui enseigne à l’université the New School, a ouvert le feu. Son premier roman, Jernigan (1991), à propos d’une famille monoparentale dysfonctionnelle, lui a valu d’être un finaliste pour le Prix Pulitzer.


La soirée s’est terminée avec une lecture de Mary Gaitskill d’un texte épistolaire publié dans le New York magazine. Intitulé « The Astral Plane Nail and Waxing Salon » (« Le Salon de Beauté du Plan Astral »), ce texte hillarant débute par une série de lettres, pleines d’émotion, de Ashley Dupré, la prostituée de luxe de l’ex-gouverneur de l’état de New York Eliot Spitzer, à Silda Spitzer, la femme de ce dernier !


Puis on suit Ashley dans sa découverte d’un salon de beauté fictif dans lequel se retrouvent Elizabeth Edwards et Rielle Hunter, Hillary Clinton et Monica Lewinsky, Silda Spitzer et Ashley elle-même ! La manicuriste qui s’occupe des ongles d’Ashley, une ancienne prostituée vietnamienne, raconte, dans un anglais bien à elle, comment elle s’en est finalement sortie.


Gaitskill a publié le recueil de nouvelles « Bad Behavior » en 1988, le roman Two Girls, Fat and Thin,  en 1991, le second recueil de nouvelles « Because They Wanted To » en 1997, « Veronica, » en 2005, ainsi que sa troisième collection de nouvelles « Don’t Cry, » en 2009. Prostitution, sado-masochisme et dépendance sont les thèmes favoris de Gaitskill.


Publié par des étudiants du programme Riggio Writing and Democracy, 12th street existe de nouveau depuis 3 ans. La dernière parution datait de…1950 ! Barnes and Noble s’est engagée à vendre le magazine nationalement pour $5.


“12th Street” dépoussière la presse littéraire américaine.